Nos
pieds doivent être l'objet de soins quotidiens de la
même façon que le sont l'alimentation et l'approvisionnement
en eau.
Les
soins des pieds doivent inclure :
1.
le nettoyage quotidien;
2.
le parage périodique;
3.
la correction d'imperfections mineures;
4.
le traitement des maladies et blessures des pieds.
Tout
propriétaire de chevaux est en mesure d'assurer la plupart
de ces soins. Il est toutefois important de consulter
un professionnel, spécialement lorsqu'un ferrage correctif
est nécessaire et lorsqu'il est question de traitement
et de lutte contre les maladies.Il en va de même
pour les chevaux à la compétition. Car
combien de courses sont perdues à cause d'un
problème de pied.
Pour
bien comprendre les soins à apporter a nos pieds, il
est d'abord important d'étudier et de comprendre la
structure de ce dernier et les fonctions de ses différentes
parties.
Les principales parties du pied sont : la muraille,
la couronne, la sole et la fourchette.

Muraille
du sabot ou également appelée Paroi
La
muraille du sabot est composée de tissu cornéen formé
de fibres parallèles.Elle doit être épaisse, lisse,
sans fissures ni crevasses. Vue de profil, la muraille
de la pince devrait être en continuation avec l'inclinaison
du paturon. Les principales fonctions de la muraille
sont : 1. fournir une surface d'appui qui ne s'use pas
facilement 2. protéger la structure interne du pied
3. maintenir l'hydratation du pied La muraille du sabot
est habituellement plus épaisse à la hauteur de la pince
qu'au quartier et au talon. La muraille du sabot est
recouverte du périople, sorte de vernis qui protège
le sabot contre sa déshydratation.
-
Couronne
La
muraille croît à partir de la couronne. La couronne
est située directement au-dessus de la muraille du sabot
et est protégée par une épaisse couche de peau et une
multitude de poils drus. La pousse de la corne d'un
pied en santé est d'environ 1 cm par mois. La vitesse
de croissance peut varier selon la fréquence de travail,
la ration, l'état de santé et de condition de l'animal.
Une blessure à la couronne peut causer une croissance
irrégulière de la muraille et l'affecter de façon permanente.
La pousse de la corne des membres postérieurs peut être
plus rapide que celle des membres antérieurs. Des pieds
non ferrés peuvent également pousser plus vite que des
pieds ferrés. Les pieds des juments et des hongres semblent
croître plus rapidement que ceux des étalons.
-
Sole
La
sole du pied est constituée d'une plaque de corne qui
protège les parties internes sensibles du pied. Elle
doit être résistante, légèrement concave et de texture
uniforme. Le cheval n'a aucune sensibilité à la surface
de la sole (extérieur.) La sole d'un cheval aux pieds
plats est moins résistante et est plus exposée aux blessures.
De plus, les chevaux qui ont souffert de fourbure et
dont la sole du pied s'est affaissée, sont davantage
sujets aux meurtrissures provoquant un abcès.
-Fourchette
La
fourchette, située au centre de la sole, forme un «
V » ouvert en direction des talons. La fourchette est
constituée d'une masse de tissu spongieux et élastique
qui protège le coussinet plantaire. Elle sert également
de surface d'appui pour supporter la pression qu'exerce
le poids du cheval. Les branches écartées de la fourchette
délimitent la sole par deux lacunes latérales. L'état
de la fourchette est généralement une bonne indication
de la santé du pied. Sans des qualités d'élasticité,
d'expansion et de bon appui sur le sol essentielles
à son bon fonctionnement, la fourchette ne peut jouer
son rôle de stimulateur de la circulation sanguine ni
dans l'absorption d'impact des chocs.
LE
RENOUVELLEMENT DE LA CORNE
La
corne du sabot est synthétisée grâce à la prolifération
des cellules au niveau du bourrelet périoplique situé
juste au-dessus du sabot. La corne pousse à la manière
des ongles, de 1 à 2 cm par mois ; la pousse dans la
saison chaude étant légèrement plus importante qu'en
saison froide. Cette différence serait une adaptation
en fonction du besoin saisonnier. En été les sols plus
durs usent davantage aussi les équidés ont besoin d'un
meilleur renouvellement de leurs sabots. Mais il n'a
pas été détecté d'adaptation du taux de synthétisation
de la corne en fonction de son usure. En liberté, dans
le milieu naturel, l'érosion de la corne compense exactement
la pousse chez l'équidé en bonne santé. En revanche,
lorsque l'animal travaille sur un sol dur, parcourt
des distances plus importantes que celles qu'il pratique
en liberté, ou exécute des efforts spécifiques liés
à un sport équestre, l'usure et la déformation du sabot
s'avèrent plus rapides que la pousse. Une usure trop
importante de la corne induit une douleur, qui à terme,
provoque des boiteries. Dans ce cas, les équidés recherchent
spontanément les sols plus tendres et minimisent leurs
déplacements. La déformation du sabot entraîne un mauvais
appui du pied sur le sol. Ceci amène, à moyen terme,
des défauts de locomotion dus généralement à un effet
de compensation. Ces défauts de locomotion peuvent devenir
définitifs si la forme du sabot n'est pas rectifiée
rapidement.
ENTRETIEN
L'hygiène
du pied est fondamentale, tout homme de cheval doit
vérifier l'état du pied et le curer avant et après chaque
séance de travail. L'entretien de la litière joue également
un rôle important, en effet, une litière souillée
produit de l'ammoniac et peut provoquer une macération
et une attaque de la sole et de la fourchette résultant
de la fermentation prolongée de la litière. Il faut
donc retirer la litière souillée quoitidiennement.
Les
massages de la couronne stimulent la pousse du sabot.
Les douches sont bénéfiques pour les membres et les
tendons, tant par leur effet mécanique de massage que
par leur effet thermique, provoquant une vasoconstriction.
Il est souvent préférable de graisser le sabot après
la douche, notamment par temps sec. En effet,beaucoup
commentent l'erreur d'attendre que le sabot soit sec
avant de mettre de la graisse alors que justement il
ne faut pas sécher le pied, mais "enfermer" l'eau avec
de la graisse.Lla graisse ne pénètre pas dans la corne,
mais l'eau oui, par capillarité. La souplesse de la
corne vient donc de l' eau et non de la graisse. Mais
le pied transpire, l'eau s'évapore et le pied devient
sec. Il faut donc l'humidifier souvent et le graisser
ensuite sur la sole et la muraille, pour empêcher autant
que possible l'eau de quitter le pied. Dans la pâture,
une zone humide est toujours une bonne chose, à condition
que ce ne soit pas un marécage- . En box, on cure, on
douche, on lave, . puis on graisse. Par temps humide,
l'ordre inverse est préconisé. Afin d'éviter les crevasses,
il est nécessaire, surtout par temps froid, de bien
sécher les plis de flexion. De nombreuses huiles, graisses
et onguents sont utilisés. Certains ont un effet assouplissant
et stimulent la pousse de la corne, il convient de les
appliquer au niveau de la couronne, c' est-à-dire là
où naît la corne, donc là où commence le pied. Une fois
formée, la corne ne peut plus être modifiée dans sa
composition et elle reste identique durant toute sa
durée de vie, jusqu'au bout du pied, lorsque le maréchal-ferrant
finit par la couper.D'autres onguents ont également
un effet hydratant, d'autres encore ont un effet astringent
et désinfectant (Produits à base d'essence de térébenthine
ou d'alcool iodé). Les goudrons végétaux ont un effet
désinfectant et protecteur de la sole. Le rythme d'application
le plus souvent préconisé est de deux fois par semaine,
plus ou moins en fonction de l'état de la corne. L'alimentation
équilibrée apporte normalement des quantités suffisantes
de vitamines du groupe B, notamment de biotine et d'oligoéléments
(zinc, en particulier), pour assurer la santé du pied.
Des suppléments alimentaires peuvent parfois être utilisés
dans les cas de carence avérée. Leur usage préventif
est certainement non nocif mais dispendieux et d'efficacité
non prouvée. Le port de protections du pied ou cloches
permet d'éviter les blessures des glomes lorsque l'équidé
est ferré. Si les fourchettes sont pourries ou si le
terrain est particulièrement gras et humide, passer
1 fois par semaine du goudron de Norvège uniquement
sur la sole et la fourchette. Vous pouvez également
appliquer des cotons imbibés de liqueur de Villatte
dans les lacunes latérales et médiane, si elles sentent
mauvais et sont molles et profondes.
Nettoyage
du pied
Lorsque
vous curez le pied, utilisez un cure-pieds et nettoyez
du talon à la pince, en insistant bien sur les lacunes
latérales situées de chaque côté de la fourchette ainsi
que sur la saillie de la fourchette elle-même. N'essayez
pas d'ouvrir le talon trop en profondeur, ce qui risquerait
d'affaiblir cette région et d'interférer avec la qualité
de contraction et d'expansion du talon. Après le travail,
assurez-vous d'enlever tout gravier, ou autre corps
étranger qui pourrait s'être logé dans les dépressions
naturelles du pied. Un clou, du gravier, une petite
branche ou tout autre débris peut adhérer au pied et
causer une boiterie de longue durée. On a déjà vu des
cas ou un débris incrusté dans le pied y était resté
un an avant de ressortir, finalement par le talon ou
le long de la couronne. Généralement, lorsqu'un corps
étranger surgit près de la région de la couronne, une
plaie se développe. Ce problème peut facilement dégénérer
en infection grave.
RECAPITULATIF
Commencez
à parer les pieds dès que le poulain est à peine âgé
de quelques mois. Gardez les pieds bien arrondis.
Nettoyez
quotidiennement les litières
Nettoyez
quotidiennement les soles et les fourchettes.
Retirer
tout corps étranger.
Laver
et graisser les sabots .
Ne
pelez pas la sole, nettoyez-la seulement.
A
moins d'un excès évident, ne taillez pas la fourchette
si elle est saine.
Gardez
le pied dans le prolongement et la même inclinaison
que le paturon.
L'angle
des sabots avec le sol devrait être approximativement
de 45 degrés.
Râpez
le bord tranchant de la muraille (excédent de corne)
pour égaliser, le plus possible, la surface d'appui
à l'épaisseur de la muraille.
Ne
râpez pas la partie extérieure de la muraille. Râpez
toujours à partir du talon.
Apporter
un complément en biotine dans l'alimentation.
QUELQUES
AFFECTIONS DU PIED
Les atteintes physiques
Ce
sont les agressions extérieures de la boîte cornée:
coups, cailloux, clou de rue, enclouure par le maréchal,
etc. Ces atteintes donnent lieu, soit à une bleime (hématome)
localisable visuellement quand la corne est claire,
soit, s'il y a une plaie, fût elle microscopique, elles
donnent lieu à un abcès dû à l'infiltration de bactéries.
En cas d'abcès, le cheval refuse de poser le pied par
terre. On pense alors souvent à une fracture, mais 9
fois sur 10, il s'agit d'une bleime. Le cheval ne peut
malheureusement pas retirer son sabot, comme nous le
ferions avec notre chaussure si un caillou s'y trouvait
prisonnier. L'intensité des effets de toutes ces agressions
variera en fonction de la qualité de la corne. On dit
souvent que la corne sombre est plus résistante que
la blanche.
Les
seimes
C'est
le fendillement, vers le haut ou vers le bas, de la
muraille. Du bas vers le haut, c'est généralement dû
à une agression extérieure, ou à un mauvais brochage
du clou par le maréchal (placé en muraille ), ou parce
que le fer est mal adapté. Certaines carences alimentaires
rendent davantage la corne sujette à ces fendillements.
La vitamine Biotine, dans l'alimentation, est administrée
notamment pour renforcer la corne. Du haut vers le bas,
les seimes sont généralement dues à une blessure dans
la région de la couronne où se trouve la matrice cutidurale,
où naît l'ongle. A cet endroit, la matrice ne fonctionnera
plus correctement et une seime se formera. Des seimes
peuvent aussi apparaître en quartier/talons, dues à
une mauvaise conformation du pied ou à un ferrage inadapté.
Le pied tolère alors un jeu trop important des talons.
La corne plie sans cesse et se fragilise, comme du carton
que l'on plierait 200 fois au même endroit.Voir la rubrique
Pharmacie pour soigner.
Les
Maladies
Le
degré d'hydratation de la corne influe beaucoup sur
la santé du pied. Pas assez humide, elle se fendille,
se craquelle. Trop humide, elle se ramollit et pourrit.
En box, certaines litières, comme les copeaux, favorisent
cet excès d'humidité. Mêlés à l'ammoniaque des urines,
cela devient agressif pour la corne. Il faut donc nettoyer
régulièrement le box, et surtout, sortir régulièrement
le cheval pour le travailler et soigner ses pieds.
"White line disease"
Maladie
méconnue, la "White line disease" est due à un champignon
du genre teigne, qui ronge le sabot et qui peut provoquer
la chute de toute la boite cornée. Les symptômes sont
l'apparition d'une abondante poudre blanche à la base
du pied, qu'il ne faut évidement pas confondre avec
la peau morte tombant naturellement lorsque l'on cure
le pied ; le cheval boîte, des suintements apparaissent
au bourrelet. La contagion s'opère notamment par les
instruments du maréchal dont les outils servent de pied
en pied, de cheval en cheval. Voilà pourquoi il est
recommandé, dans ce cas, la stérilisation du
matériel avant chaque ferrage.
Les
défauts d' aplombs
Une
règle d'or: on ne plie pas un vieux tronc. Vouloir rectifier
les aplombs d'un cheval adulte expose celui-ci à de
sérieux ennuis au niveau des bords articulaires. Les
articulations, même mal formées, sont prévues pour fonctionner
sous certains angles, qui, s'ils sont modifiés, provoquent
des dégâts. Les pressions ne sont plus réparties sur
une surface, mais .. sur un point précis, occasionnant
une usure prématurée. Le cheval est né avec ces défauts
esthétiques, il faut faire avec. Généralement, lorsque
le cheval pose son pied à plat, quel que soit le chemin
parcouru entre deux "posers", ses défauts d'aplombs
ne prêteront pas trop à conséquence.
Fourbure
La
fourbure est une congestion inflammatoire (excès de
sang) dans le pied. Ce sang stagne, le pied n'est donc
plus oxygéné convenablement, ce qui provoque une nécrose
(mort des cellules) dans les tissus. Le sang se loge
sous la fourchette, provoquant le basculement de la
troisième phalange vers l'avant, situation particulièrement
douloureuse due à la compression de la chair contre
les parois du sabot, surtout à l'avant. Elle peut être
causée par une mauvaise alimentation ou par un travail
et une fatigue excessifs. En endurance de haut niveau,
on voit souvent des chevaux ayant atteint un stade de
fatigue tel qu'ils sont à la limite de la fourbure:
la couronne devient molle, gorgée de liquide, le pied
est très chaud et il boite un peu ou marche irrégulièrement.
Syndrome
naviculaire
On
l'appelle "syndrome" et non "maladie" car d'un point
de vue strictement scientifique, le problème n'est pas
encore bien circonscrit. L'une des "causes", mais ce
n'est peut-être qu'un symptôme, est la décalcification
du tissu osseux au niveau des points d'entrée des vaisseaux
sanguins qui irriguent l'os naviculaire. A ces endroits,
l'os perd de sa densité, se fragilise, et est écrasé
par le tendon perforant qui passe derrière lui et appuie
dessus avec force. On suppose que c'est alors l'os lui-même
qui est douloureux. Au stade suivant, l'os perd de petits
éclats qui agressent toute l'articulation et/ou le tendon.